Des projets pour notre planète

Au cœur du sommet une vingtaine de projets ont été mis en valeur. Présentés lors des tables rondes du matin, de la Climate Agora du déjeuner et des séquences de l’après-midi, ces projets illustrent le fait que des solutions concrètes - locales ou globales – existent pour répondre aux enjeux auxquels nous faisons face. Ils doivent être amplifiés et répliqués et servir de source d’inspiration à travers le monde. Ils démontrent que nous sommes engagés dans un monde nouveau pour préserver l’avenir de notre seule et unique planète.

Le programme de la Climate Agora

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S’adapter Être solidaire Réduire les émissions Se mobiliser

Climate Reality

Le Climate Reality Leadership Corps est un réseau mondial de militants résolus à sensibiliser à la crise climatique et œuvrant pour trouver des solutions permettant de relever le plus grand défi de notre temps. Ce programme du Climate Reality Project fondé par Al Gore accueille des dirigeants de valeur et les rend exceptionnels en leur dispensant une formation en climatologie, en communication et en organisation afin de leur permettre de mieux expliquer le changement climatique et d’inciter les populations du monde entier à passer à l’action. Il crée ainsi un groupe dynamique d’acteurs du changement à l’échelle internationale qui alimentent le débat sur le climat aussi bien lors des repas familiaux que lors des sommets internationaux et construit un mouvement du vingt et unième siècle afin de trouver des solutions.

Énergie solaire : les objectifs du Maroc en matière d’énergie propre

Le projet de « concentration de l’énergie solaire » de Nour Ouarzazate, au Maroc, repose sur une technologie qui fait appel à la chaleur issue du soleil pour actionner des turbines à vapeur ou des moteurs afin de produire, même de nuit, de l’électricité grâce à un mécanisme de stockage de la chaleur. Il s’agit de la première installation solaire de taille industrielle du pays, qui a pour objectif de fournir de l’énergie à plus d’un million de personnes en 2018 et de permettre au Maroc, d’ici à 2020, de produire 42 % de son électricité sous forme d’énergies renouvelables.

Ce projet réunit des financements provenant d’institutions internationales, du secteur privé et du Maroc. S’ajoutant aux résultats de récents appels d’offres émis par les Émirats arabes unis, il prouve que la technologie solaire à concentration est plus que jamais à la portée de nombreux pays, en particulier du Proche-Orient et d’Afrique du Nord, qui disposent de ressources solaires abondantes durant toute l’année. Cette technologie est en mesure de réduire la dépendance par rapport aux énergies fossiles, d’atténuer les effets des changements climatiques, de promouvoir l’industrie locale et la création d’emplois et d’encourager les investissements dans l’innovation en faveur des énergies propres.

Le fonds LDN : un nouveau modèle d’investissement pour la planète

Le fonds LDN est un outil d’investissement d’un genre nouveau. En s’appuyant sur des capitaux publics, il est capable de mobiliser le secteur privé pour financer à la fois des objectifs climatiques et de développement. Lancée par la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la Désertification, développée et gérée par Mirova, cette initiative pionnière est soutenue par un large réseau de partenaires internationaux.

Par sa démarche audacieuse, le fonds réinvente l’approche traditionnelle de l’investissement. Il permet de réunir porteurs de projets, exploitants agricoles, investisseurs publics et privés, et d’appréhender les terres saines et productives comme une opportunité. Il a inspiré des bailleurs publics, qui se sont engagés à couvrir le risque pris par les investisseurs privés, afin de produire des impacts mesurables et durables sur le terrain.

Le fonds LDN est en position de déclencher une révolution du développement durable et de l’entrepreneuriat et de créer un effet d’accélération des progrès contribuant à combler 25% de l’effort restant pour réaliser l’accord de Paris. Les bénéfices associés à son fonctionnement sont multiples. Il peut aider, par exemple, à créer des millions d’emplois verts, à améliorer la sécurité alimentaire et à faire progresser l’adaptation et la résilience au changement climatique. »

Vers des îles Caraïbes résilientes

Les territoires insulaires sont fortement exposés aux enjeux climatiques, particulièrement dans les Caraïbes.

La BID (Banque Interaméricaine de Développement) lance son initiative « Sustainable Islands Plateform » pour engager durablement, et dans une logique d’économie bleue et circulaire, les Etats insulaires d’Amérique Latine et des Caraïbes.

Outils de planifications, changement des modes de production et de consommation, outils financiers seront à leur disposition à travers cette plateforme.

L’enjeu : assurer un développement économique durable, préserver leur capital naturel, optimiser les ressources locales et capitaliser sur un nouveau modèle économique bleu et circulaire ; créer un modèle résilient.

L’initiative s’appuie sur un véhicule d’investissement public privé pour catalyser les investissements privés dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures, de l’agriculture et du tourisme, grâce à l’apport de ressources concessionnelles. Ce véhicule mobilisera 75M USD à 150M USD.

Bolivie : une agriculture résiliente

Sur l’Altiplano bolivien, la population vit d’une agriculture familiale sur des terres confrontées à un climat rude et froid, à des conditions météorologiques changeantes où l’eau est une denrée rare. Ces conditions difficiles sont aggravées par le changement climatique… L’instabilité s’est accrue, bouleversant les régimes des pluies et apportant de longues périodes de sécheresse. Résultat ? La pérennité des pratiques agricoles traditionnelles et donc la sécurité alimentaire des habitants sont menacées.

Dans la commune de Calamarca, à 50 kilomètres de La Paz, l’installation d’une serre et de formation à des techniques inspirées de l’agro-écologie permet à la communauté de s’adapter. La serre sécurise et diversifie l’alimentation des habitants ; elle créée aussi une activité rémunératrice. Une petite révolution dans ce village isolé. Depuis que la serre est entrée en fonction, en 2014, 15 familles en bénéficient, réunies en association de producteurs.

Le projet va s’étendre à 30 autres communes de Bolivie, avec l’objectif de voir ces bonnes pratiques s’étendre à tout le pays. Ici et ailleurs, promouvoir des modes de production alternatifs, améliorer les rendements et garantir la sécurité alimentaire c’est s’adapter aux changements à l’œuvre.

Deux ans après Paris, l’Union européenne réaffirme son engagement en faveur du climat

Lancé en 2014, le Plan d’investissement pour l’Europe, dit plan Juncker, poursuit trois objectifs : éliminer les obstacles à l’investissement, assurer la visibilité des projets d’investissement et leur apporter une assistance technique, et faire un usage plus judicieux des ressources financières. Ce plan constitue un élément central de la croissance économique et de la création d’emplois, définis par le président Juncker comme les priorités essentielles de la Commission européenne.

Le plan Juncker devrait dès à présent susciter plus de 250 milliards d’euros d’investissements dans toute l’Europe et soutenir la création de plus de 300.000 emplois. D’ici à 2020, nous estimons qu’il permettra la création de 700.000 emplois et rassemblera 500 milliards d’euros d’investissements, soit un ajout de 0,7 % au PIB de l’Union européenne. Il s’agit d’investissements visibles et tangibles pour les Européens, que ce soit dans les domaines du soutien à la transition énergétique, de la transformation des ports et des aéroports, de la mise en place de nouvelles infrastructures physiques ou numériques, de l’aide à l’intégration des réfugiés ou encore du soutien à notre programme d’action sociale en vue de davantage d’équité. Ces investissements apportent également à l’économie locale une impulsion salutaire grâce à 332 accords de financement conclus à ce jour avec des intermédiaires locaux qui offrent à 528.000 petites entreprises et jeunes pousses un meilleur accès à des sources de financement.

Inde : efficacité énergétique

La société Energy Efficiency Services Limited (EESL) supervise et finance les travaux en faveur de l’efficacité énergétique du secteur résidentiel et du secteur public en Inde. Elle a déjà distribué plus de 275 millions d’ampoules LED et 4 millions de réverbères LED. De ce fait, le prix au détail des ampoules LED de haute qualité et de longévité supérieure est aujourd’hui le même que celui des LFC. D’ici 2020, les LED devraient représenter 60 % du marché indien. Le modèle innovant, flexible et efficace d’achat en gros et de distribution développé par EESL est reproduit pour d’autres applications telles que le déploiement de climatiseurs à haute efficacité énergétique et d’équipements pour l’industrie textile, de véhicules électriques ou hybrides dans le cadre du National Electric Mobility Mission Plan 2020 et de compteurs intelligents pour les clients et les compagnies d’électricité. EESL a récemment finalisé un marché de 10 000 voitures électriques, 3 000 stations de recharge et 5 millions de compteurs intelligents. En 2018, la Banque mondiale devrait accorder un prêt de 220 millions de dollars, assorti d’un mécanisme de garantie de 80 millions de dollars en appui à des crédits commerciaux supplémentaires (objectif 200 millions de dollars).

Le Fonds tropical de financement des paysages

Le Fonds tropical de financement des paysages est une plateforme financière innovante axant ses investissements sur les petites exploitations agricoles durables et les énergies renouvelables dans les zones rurales. Le Fonds est constitué d’un fonds tropical de prêts pour les paysages dont l’objectif est de prêter au moins 1 milliard de dollars pour des projets commercialement viables ayant un impact social et environnemental important en Indonésie. Le Fonds investit dans un projet de 331 millions de dollars sur l’île de Sumatra couvrant les provinces de Jambi et Riau. Il s’agit du premier projet, sur un total d’environ 1,6 milliard de dollars pour des projets potentiels ayant un impact positif sur le climat.

Capacité africaine de gestion des risques

La Capacité africaine de gestion des risques (ARC) a été créée par l’Union africaine pour travailler avec les gouvernements africains afin d’élaborer des stratégies plus performantes de financement des interventions d’urgence en cas de catastrophes naturelles sur le continent, et de réduire leur dépendance vis-à-vis de l’aide humanitaire. Elle travaille également avec les pays de l’Union africaine en vue de renforcer les systèmes d’action publique et de gestion des risques contribuant à la gestion de leurs risques climatiques.

L’ARC fournit aux États africains une assurance contre les risques de catastrophes liées au climat, gérée par sa filiale d’assurance ARC Insurance Company Limited (ARC Ltd), en utilisant des mécanismes de financement modernes tels que la mutualisation et le transfert des risques. En cas de crise, l’assurance fournit un accès rapide au financement pour des plans d’intervention rapide arrêtés en amont et mis en place en collaboration avec les États.

Outre l’assurance, l’ARC propose aux pays un renforcement des capacités de surveillance des indicateurs climatiques et de prévision des coûts d’intervention. L’initiative de l’ARC est soutenue dans le cadre d’InsuResilience, l’Initiative d’assurance contre les risques climatiques lancée par le G7.

Catalyser les « FinTech » pour la durabilité

Six entreprises de biens de consommation et banques d’envergure mondiale ainsi que le Royaume-Uni financent un projet visant à vérifier si la chaîne de blocs et les autres technologies peuvent offrir des incitations financières récompensant la durabilité dans les chaînes logistiques. Ce dispositif s’appuiera sur un système de données partagé entre les planteurs de thé du Malawi qui fournissent Unilever et Sainsbury’s. La technologie de pointe a été mise au point par un collectif de quatre jeunes pousses « FinTech », parmi lesquelles Provenance, qui utilise des services de chaîne logistique basés sur la chaîne de blocs, et Halotrade qui a recours à des contrats et des algorithmes intelligents pour convertir les données des chaînes logistiques en conditions tarifaires préférentielle dans les systèmes bancaires. Landmapp fournira une documentation sur les droits fonciers par technologie mobile et la Fondation FOCAFET veillera à ce que des formats de données à code source ouvert soient utilisés durant tout le processus.

Indonésie : atténuation du risque géothermique

L’Indonésie met en place, avec le soutien de la Banque mondiale et d’autres partenaires, une facilité d’atténuation des risques pour les ressources géothermiques. Cette facilité fournira des financements concessionnels et des subventions pour réduire l’exposition financière dans la phase d’exploration géothermique précoce où un développeur de projets dépense généralement 30 à 40 millions de dollars avant de pouvoir prouver l’existence de ressources géothermiques. Dans sa première phase, la Facilité devrait mobiliser jusqu’à 4 milliards de dollars de financement privé et permettre la création de plus de 1 gigawatt de capacités géothermiques, évitant ainsi la production d’environ 150 millions de tonnes de CO2. Elle constituera une contribution cruciale aux 25 milliards de dollars d’investissements requis pour atteindre l’objectif du gouvernement indonésien d’augmenter la production d’électricité géothermique de 5,8 gigawatts d’ici 2026. Pour la première phase, elle aura besoin d’environ 175 millions de dollars sous forme de subventions et de prêts à taux réduit et de 325 millions de dollars de financements concessionnels en complément des 150 millions de dollars déjà engagés par l’État indonésien (650 millions de dollars au total).

L’initiative financière de C40 Cities : aider les villes à élaborer des projets afin d’attirer des investissements

L’accès aux financements est l’un des principaux obstacles que rencontrent les maires pour lutter contre les changements climatiques et réaliser leur conception d’un développement urbain sobre en carbone. Ce défi se pose particulièrement dans les grandes villes des pays en développement qui manquent de compétences pour mettre en œuvre leurs projets, ce qui les empêche d’obtenir des investissements destinés à les doter d’infrastructures innovantes. L’initiative financière de C 40 Cities (CFF) a été mise en place dans le but de traiter ce problème. Elle propose une assistance technique qui permet aux villes membres des pays émergents et en développement d’élaborer et de réaliser des projets en matière d’atténuation des changements climatiques et d’adaptation à ceux-ci.

Menée conjointement par le Groupe d’action climatique de C 40 Cities (C40) et l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ), la CFF est financée par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), le ministère britannique des Entreprises, de l’Énergie et de la Stratégie industrielle (BEIS) et l’Agence de développement international des États-Unis (USAID). Elle bénéficie également, pour ses opérations en Amérique latine, d’un soutien en nature de la Banque interaméricaine de développement (BID).

Climate Resilience and Adaptation Finance & Technology Transfer Facility

La Climate Resilience and Adaptation Finance & Technology Transfer Facility (CRAFT) est la première stratégie d’investissements du secteur privé axée sur la résilience et l’adaptation au changement climatique. CRAFT a identifié plus de 500 sociétés proposant des technologies, produits et services capables d’évaluer et de gérer les risques et effets amplifiés par le changement climatique dans tous les secteurs de l’économie. CRAFT effectue des placements en capital dans 10 à 15 de ces sociétés afin de les aider à se développer et à appliquer leurs solutions dans les pays en développement. La stratégie prévoit :

  • Deux enveloppes juridiquement et financièrement distinctes de 250 millions de dollars chacune pour les investissements dans les pays développés et en développement,
  • 100 millions de dollars de financements concessionnels pour contribuer à atténuer les risques et attirer 150 millions de dollars d’investissements commerciaux au profit de l’enveloppe « pays en développement »
  • 20 millions de dollars de financements de donateurs pour l’assistance technique destinée à aider les entreprises spécialisées dans la résilience à se développer sur les marchés des pays en développement, notamment dans les pays à faible revenu et vulnérables.

Hydromet : Programme Hydromet Afrique

Le Programme Hydromet Afrique est un partenariat de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement, de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), de l’AFD et du PNUD ainsi que d’autres partenaires. Il apporte une aide aux pays sub-sahariens en renforçant les services météorologiques et climatologiques, les services destinés aux utilisateurs finaux (y compris l’alerte précoce) ainsi que les services de diffusion de savoir et de conseil. Le programme a mobilisé pour le Mali, le Niger et la RDC des ressources financières provenant de la Banque mondiale, du Fonds pour l’environnement mondial, de la Facilité mondiale pour la prévention des risques de catastrophes et le relèvement, de l’Initiative « Risques climatiques et systèmes d’alerte précoce », du Fonds vert pour le climat et du Fonds fiduciaire Korean Green Growth Trust Fund. À titre d’exemple, l’initiative Rain Cell est un partenariat public-privé inédit de l’opérateur de téléphonie mobile privé Orange S.A. et des services hydrométéorologiques et du climat (hydromet) publics visant à appuyer la concentration des données, l’échange de données et l’estimation de la pluviosité à partir de l’affaiblissement du signal du téléphone cellulaire, ainsi qu’à mesurer la satisfaction des usagers. Ce modèle de partenariat public-privé est piloté par la Banque mondiale au Burkina Faso et sera transposé à grande échelle.

Paris Fonds Vert, premier fonds d’investissement territorial vert

Le fonds d’investissement territorial pour la transition écologique, Paris Fonds Vert, est un outil juridique et financier inédit, rendu possible par la loi sur le statut de Paris adoptée début 2017, qui vise à mobiliser des financements privés et à les injecter dans des entreprises innovantes développant des solutions dans le domaine de la transition écologique. Cette initiative a reçu le soutien de la Caisse des Dépôts et Consignations, partenaire de la Ville de Paris dans la phase de préfiguration du fonds, ainsi que de l’ADEME et de PARIS EUROPLACE dans le cadre de son initiative Finance for tomorrow, visant à faire de la Place de Paris, une place de référence en matière de finance verte. Une première levée de fonds est prévue d’ici l’été 2018 avec une cible d’investissement de 150M€.

Soutien aux cultivateurs de coton du Burkina Faso

En partenariat avec la Société burkinabé des fibres textiles (SOFITEX), principale entreprise cotonnière d’Afrique occidentale, la SFI et la Banque mondiale s’emploient à aider les cultivateurs de coton à accroître leur productivité, leur résilience climatique et leur sécurité alimentaire. Le coton, culture dépendante des pluies, est menacé par l’érosion et par l’irrégularité des précipitations. Ce projet, qui s’inscrit dans le cadre de l’Initiative pour l’irrigation du Sahel, offre aux cultivateurs des financements et des formations en matière de gestion des sols et des eaux, de collecte des eaux de pluie et d’irrigation, afin d’accroître durablement les rendements. Du fait que le coton est cultivé en alternance avec des cultures alimentaires, il est également bénéfique à la production de ces dernières.

La SFI et la Banque mondiale servent de facilitateurs pour l’octroi de prêts à hauteur de 5,85 millions de dollars et travaillent en liaison avec quatre institutions financières locales – la Banque d’Afrique, Ecobank, le Réseau des Caisses populaires et la banque Coris – pour mettre ces prêts à la disposition des agriculteurs. Le Partenariat mondial pour l’aide basée sur les résultats (GPOBA), fonds d’affectation spéciale multi donateurs géré par la Banque mondiale, versera à ces petits exploitants une subvention qui permettra de rendre les investissements plus accessibles et d’inciter les banques commerciales à accorder des prêts. Le versement de cette subvention sera fonction des résultats obtenus. Ce projet devrait permettre, en l’espace de cinq campagnes agricoles, d’augmenter de 25 à 30 % les rendements cotonniers dans les zones qui y participent. Il bénéficie du soutien du Programme mondial sur l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP) et des gouvernements du Canada et des Pays-Bas.

Lutte contre la déforestation : L’initiative pour la forêt d’Afrique Centrale

La déforestation ne cesse d’augmenter. Or, elle est à l’origine d’au moins 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. L’initiative pour la forêt d’Afrique Centrale (CAFI) a pour objectif de lutter contre la déforestation en protégeant le couvert forestier du Bassin du Congo, second bassin forestier tropical humide au monde. Dans cet objectif, elle cible toutes les causes de la déforestation en accompagnant les réformes politiques nécessaires dans chacun de ces secteurs. Outre les enjeux d’atténuation du changement climatiques, l’initiative répond aussi à des enjeux de biodiversité, de sécurité alimentaire, de gouvernance et de lutte contre la dégradation des terres. Lancée en 2015, l’initiative regroupe plusieurs bailleurs et permet ainsi, entre autres, la coordination de leur intervention. L’initiative cible six pays d’Afrique Centrale et dispose d’un fonds avec un engagement de 253 M USD d’ici 2020 (dont 250 M USD apportés par la Norvège). Succédant à la Norvège, la France vient d’en prendre la présidence pour deux ans.

Villes résilientes

Le Programme pour la résilience des villes (CRP) soutenu par la Facilité mondiale pour la prévention des risques de catastrophes et le relèvement (GFDRR) et le Secrétariat d’État à l’économie suisse, aidera les municipalités à renforcer leur résilience face aux risques liés au climat et aux catastrophes naturelles en structurant des programmes d’investissements résilients face au changement climatique et en les reliant à des financements. Il offrira des possibilités d’investissements bien conçus et finançables et permettra aux investisseurs privés et institutionnels un accès amélioré aux nouveaux marchés. Le CRP conseille les villes sur l’accès aux capitaux pour investir dans des infrastructures grâce à des prêts directs, des partenariats public-privé et une utilisation stratégique des biens fonciers. Le CRP entend faire office de banque d’investissement pour les municipalités en facilitant les investissements stratégiques qui remédient aux vulnérabilités et risques auxquels elles sont exposées. Il en résultera un flux de transactions pour les investisseurs qui contribueront au financement des grands programmes d’investissements. Dans un premier temps, le programme concernera une trentaine de villes, mais il devrait s’étendre à plus de 500 villes en dix ans.

Africa GreenCo

Africa GreenCo remédie à un obstacle majeur au développement à grande échelle des énergies renouvelables dans les pays d’Afrique sub-saharienne : le manque d’acheteurs solvables. Africa GreenCo se propose d’intervenir en tant qu’acheteur intermédiaire sous co-tutelle de l’État, géré de façon autonome et bien capitalisé, entre les fournisseurs d’énergie propre d’une part et les services publics et autres acquéreurs d’électricité de l’autre. Africa GreenCo, membre exploitant des pools énergétiques régionaux, regroupera l’offre et la demande et atténuera les risques. Il contribuera à débloquer les capitaux privés requis pour atteindre les ODD et les contributions déterminées au niveau national à moindre coût, et en pesant le moins possible sur le budget des États. Il permettra également de développer la liquidité des marchés de l’énergie en s’appuyant sur les pools énergétiques existants. Africa GreenCo est soutenu par la Fondation Rockefeller, Convergence, la SADC PPDF, le pool énergétique d’Afrique australe (SAPP), la Regional Electricity Regulators Association of Southern Africa (RERA), le NEPAD, l’Association des sociétés d’électricité d’Afrique (ASEA), le Global Water Partnership Southern Africa (GWPSA) et l’Initiative de l’Afrique sur les énergies renouvelables (IAER), et est en discussion avec le gouvernement zambien et les principaux partenaires du développement de la Zambie dans l’objectif d’une mise en œuvre dans ce pays en 2018.

Résilience côtière en Afrique de l’Ouest : WACA

Le Programme de gestion du littoral ouest-africain (WACA) cible 17 pays d’Afrique de l’Ouest pour améliorer la gestion des risques partagés d’origine naturelle et humaine pesant sur les communautés côtières. Il visera à : (i) attirer des financements dans le but d’atteindre une somme de 2 milliards de dollars en vue de lutter contre l’érosion côtière, les inondations, le changement climatique et la pollution ; (ii) encourager le dialogue politique au sein des pays et entre ceux-ci ; et (iii) accélérer les transferts de connaissances sur la gestion du littoral en direction des pays d’Afrique de l’Ouest et entre ceux-ci. À titre de première contribution à ces 2 milliards de dollars, la Banque mondiale traite une opération de 215 millions de dollars, dont 170 millions de dollars provenant de l’Association internationale de Développement, 20 millions de dollars du Fonds pour l’environnement mondial et 9 millions de dollars du Fonds de Développement nordique. Cette opération sera présentée au Conseil d’administration en mars 2018. Un programme est également en cours de préparation pour la ville de Saint-Louis au Sénégal afin de répondre à une urgence due à une grave érosion qui a déjà entraîné l’évacuation de dizaines de famille, à titre de priorité du WACA.

Objectif transports décarbonés

En 2030, les émissions de GES du secteur des transports pourraient représenter un tiers des GES issus d’énergies fossiles, induisant des coûts environnementaux, financiers et humains désastreux.

La bataille de la décarbonation des transports est déjà en marche. De nombreux acteurs du transport (constructeurs, équipementiers, énergéticiens, fournisseurs de services) proposent des innovations viables (électrique, hydrogène). Des pays s’engagent pour mettre fin à ces émissions. Des villes se mobilisent pour des centres-villes dépollués en 2030.

Pour accélérer cette transformation systémique, tous les acteurs, privés comme publics, doivent coordonner leurs efforts. C’est pourquoi le Paris Process on Mobility and Climate (PPMC) et 4 pays ont lancé la Transport Decarbonization Alliance. L’initiative permettra de réduire drastiquement les émissions de CO2 et de transformer le secteur des transports, avec d’immenses retombées positives sociales, économiques et pour la santé.

E-bus

Tower Transit est un opérateur de transports innovant, créatif et riche d’une expertise en matière de franchise de services d’autobus et d’autocars. Les technologies révolutionnaires sobres en carbone telles que la technologie de la mobilité électrique jouent un rôle central dans la mise en œuvre d’une transformation complète des transports. Toutefois, cette technologie ne sera pas suffisante si elle n’est pas alliée à des mesures visant à améliorer l’efficacité de l’utilisation des infrastructures urbaines, avec des systèmes de transport collectif de grande qualité et un aménagement du territoire conçu pour renforcer la mobilité non motorisée. La présentation de Tower Transit a valeur d’exemple pour les arrangements envisagés par les villes, dans le monde entier, notamment avec la Banque mondiale dans de nombreuses villes d’Amérique latine.

Lisbonne : un prêt-cadre global de la Banque européenne d’investissement en faveur de l’action climatique et de la rénovation urbaine

M. Fernando Medina, maire de Lisbonne, a rendu public dernièrement le plan d’investissement 2016-2020 de sa ville. Il s’agit d’un projet ambitieux de renouveau urbain destiné à assurer la compétitivité à long terme de Lisbonne et d’accroître sa résilience face aux effets de plus en plus prononcés des changements climatiques comme les inondations. Cette action s’inscrit dans le cadre de la stratégie globale de renouveau urbain mise en œuvre par la Banque européenne d’investissement qui a accordé un prêt de 250 millions d’euros sur 30 ans à l’appui du programme d’investissement de Lisbonne, qui se monte au total à 523 millions d’euros. Grâce au soutien de cette stratégie globale, cette opération permet aux financiers d’appréhender Lisbonne comme un réseau interconnecté, ce qui permet à cette ville de relever certains des défis les plus importants auxquels elle est confrontée. Au nombre des résultats attendus, on compte la transformation d’une ancienne usine militaire en l’un des centres de jeunes pousses les plus importants d’Europe ainsi que la mise en œuvre du plan général de drainage de la ville. Le projet comprend également la construction de nouvelles casernes de pompiers, la rénovation de 250 km de voirie, la construction ou la rénovation de plus de 1.000 immeubles à habitat social et la rénovation de plusieurs dizaines de jardins publics et de parcs. Cet investissement constitue un atout majeur pour Lisbonne, ville qui a perdu environ 240.000 habitants au cours des trente dernières années.

Le Bhoutan : modèle de gouvernance innovante et durable

Le Bhoutan est un pays leader en matière de politiques publiques alliant développement économique et préservation de l’environnement.

Dès les années 70, les politiques environnementales étaient inscrites dans sa constitution, fixant notamment un minimum de 60 % de couvert forestier pour le pays. L’enjeu est vital. Le Bhoutan a la plus grande proportion de couverture forestière en Asie (70 %), 52 % d’aires protégées ce qui représente plus de 5 millions d’hectares de terres protégées riches en forêts, rivières et biodiversité. Ces forêts séquestrent plus de 6 millions de tonnes de CO2 par an, soit quatre fois plus que ce que le Bhoutan émet.

Pour poursuivre son développement économique tout en maintenant l’équilibre avec ses politiques de préservation de l’environnement, le Bhoutan a développé avec le WWF un dispositif innovant de financement : « Bhutan For Life ».

Ce projet démontre que les États peuvent trouver des idées et schémas innovants de financement compatible avec les enjeux climatiques et économiques.